Une forme née d'une maladie, et pensée pour être transmise à tous.
Cheng Man-Ch'ing naît en Chine en 1902. Ce n'est pas un athlète. Enfant, il reçoit un objet sur la tête et reste un moment dans le coma. À vingt ans passés, il crache le sang : une maladie des poumons, sans doute la tuberculose.
C'est à ce moment-là qu'il se met sérieusement au Tai-Chi. Non pour combattre. Pour tenter de guérir.
En 1932, il rencontre Yang Cheng-fu, l'un des plus grands maîtres de son temps, et étudie six ans auprès de lui. Il sera aussi médecin, peintre, calligraphe et poète : on le surnommera le maître des cinq excellences.
Si vous vous trouvez trop fragile, trop raide ou trop âgé pour commencer, retenez ceci : l'homme dont nous suivons la voie s'y est mis parce qu'il l'était.
La forme de son maître en comptait plus de cent. Dans les années 1940, il la condense à 37. Son intention est connue : offrir un art de santé et de longévité aux jeunes, aux personnes qui ne sont pas en pleine santé, et aux aînés.
On entend parfois qu'il aurait raccourci sa forme pour des élèves américains pressés. C'est faux : il l'a créée en Chine, et n'a émigré aux États-Unis qu'en 1964, près de vingt ans plus tard.
Ce n'est pas une version allégée. C'est un affinage : on a retiré ce qui se répétait pour ne garder que ce qui enseigne. Et parce qu'elle est courte, elle se pratique vraiment : dix minutes le matin, sans matériel, sans salle.
Un geste juste mais crispé n'est pas du Tai-Chi. Un geste imparfait mais relâché l'est déjà. C'est le song, et c'est le travail d'une vie.
On ne se penche pas pour aller chercher. L'axe se maintient, et les pivots se font sur le talon une fois le poids transféré.
La main prolonge l'avant-bras. Un poignet plié coupe tout avant que cela n'atteigne les doigts.
Pas sur le talon. La médecine chinoise nomme ce point la source jaillissante : c'est de là que vient la stabilité.
Les bras ne décident de rien, ils suivent le centre. Le jour où l'on sent cela, tout le reste se réorganise.
Non. Tout se pratique debout, dans votre amplitude à vous. La souplesse est une conséquence de la pratique, jamais une condition pour commencer.
À l'origine, oui. Chez nous, il est enseigné pour ce que Cheng Man-Ch'ing visait lui-même : la santé, l'équilibre et le calme.
Le Qi Gong travaille des exercices courts, souvent répétés sur place. Le Tai-Chi enchaîne des mouvements en déplacement. Les deux se complètent, et nous alternons les deux au fil de l'année.
La forme s'apprend en une saison. La comprendre prend des années. C'est ce qui la rend intéressante.
Oui. Chaque séance se suit indépendamment, et rien n'est réservé aux initiés. On arrive débutant à n'importe quel moment.
Un vêtement souple, des chaussures plates, une bouteille d'eau. Ni tenue, ni tapis, ni expérience.
À La Saline-les-Hauts, en plein air sous les arbres, et au bord de l'océan le samedi.
Débutants bienvenus, vraiment.